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CONJECTURE ABC Conjecture d'Oesterlé-Masser Problème
d'analyse diophantienne. Appréciation
de la quantité de facteurs répétitifs dans deux nombres et leur somme. La conjecture dit en gros
que: si les facteurs de A et
de B sont très répétitifs, alors il y a de peu de chances pour que les
facteurs de la somme C le soient aussi. ou encore: si deux nombres sont riches,
leur somme l'est rarement. Importance
de la conjecture. Si elle était prouvée alors seraient également prouvés
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La
conjecture abc : une conjecture simple d'énoncé, immense par ses conséquences
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La conjecture en quelques
mots La conjecture abc,
proposée indépendamment par David Masser (1985) et Joseph Oesterlé
(1988), établit un lien inattendu entre l'addition et la factorisation des
entiers. Considérons trois entiers
positifs premiers entre eux deux à deux vérifiant
On appelle radical
de leur produit,
le produit des facteurs
premiers distincts intervenant dans la décomposition de Ainsi,
La conjecture affirme
essentiellement que le résultat d'une addition ne peut être beaucoup plus
grand que le produit des facteurs premiers distincts mis en jeu. Sous sa forme classique : Pour tout
Autrement dit, il peut
exister quelques triplets « exceptionnels » pour lesquels Une autre formulation utilise la qualité
La conjecture revient à
dire que, pour tout
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Cette formulation met en évidence les rares triplets
dits de grande qualité, recherchés par de nombreux programmes informatiques. L'intérêt de cette conjecture dépasse largement son
énoncé. Elle implique ou simplifie plusieurs dizaines de résultats majeurs de
théorie des nombres : conjecture de Szpiro, versions asymptotiques du
théorème de Fermat, problèmes de Pillai, estimations sur les points entiers
des courbes algébriques, etc. Dorian Goldfeld l'a qualifiée de « problème non
résolu le plus important de l'analyse diophantienne ». |
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Historique succinct L'origine intellectuelle de la conjecture provient
du théorème de Mason-Stothers sur les polynômes, parfois surnommé le «
théorème abc des polynômes ». Ce résultat montre qu'un phénomène analogue est
vrai dans l'algèbre des polynômes et suggère fortement qu'une version
arithmétique devrait exister. 1985 — David Masser remarque ce principe général dans ses travaux sur
les équations diophantiennes. 1988 — Joseph Oesterlé formule explicitement la conjecture devenue
aujourd'hui la conjecture abc ou conjecture d'Oesterlé-Masser. Pendant les années 1990 et 2000, la conjecture
devient progressivement l'un des pivots de la théorie des nombres moderne.
Des centaines d'articles montrent que, si elle était démontrée, elle
entraînerait immédiatement une cascade de résultats jusque-là indépendants. En 2012, le mathématicien japonais Shinichi
Mochizuki annonce une démonstration de près de 500 pages fondée
sur une théorie entièrement nouvelle : Inter-universal Teichmüller Theory
(IUT). Cette annonce provoque un immense intérêt mais aussi
une profonde perplexité. La théorie développée est tellement originale
qu'elle introduit un langage, des objets et des méthodes presque entièrement
nouveaux. En 2018, Peter Scholze et Jakob Stix
identifient un point précis de la démonstration qu'ils jugent insuffisamment
justifié. Mochizuki conteste cette analyse, estimant que ses critiques
interprètent mal la philosophie de sa théorie. En 2021, malgré cette controverse, les quatre
articles de Mochizuki sont publiés dans les Publications of the Research
Institute for Mathematical Sciences (PRIMS), revue dont il est lui-même
rédacteur en chef. Cette publication ne met toutefois pas fin au débat : la
très grande majorité de la communauté considère toujours que la conjecture
abc n'est pas démontrée. |
État actuel des tentatives
de démonstration Une conjecture réputée extraordinairement difficile Contrairement au dernier théorème de Fermat, qui
pouvait être rattaché progressivement aux courbes elliptiques et aux formes
modulaires, la conjecture abc semble résister à toutes les méthodes
classiques. Aucune des grandes techniques de théorie analytique
des nombres, de géométrie arithmétique ou de théorie des formes automorphes
n'a permis jusqu'à présent d'en approcher une démonstration complète. Les spécialistes distinguent aujourd'hui deux
grandes familles de recherches : ·
les approches
classiques, qui établissent des versions partielles ; ·
l'approche
radicalement nouvelle de Mochizuki. |
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Les démonstrations
partielles Depuis trente ans,
plusieurs résultats montrent que la conjecture est vraie dans la majorité
des cas, sans toutefois atteindre l'énoncé général. Des travaux récents de
Browning, Lichtman et Teräväinen ont notamment amélioré les estimations sur
le nombre de triplets pouvant constituer des exceptions. Jared Lichtman a
également publié un exposé montrant qu'au sens statistique la conjecture est
satisfaite « presque toujours ». Ces résultats constituent un progrès
important, mais ils ne contrôlent pas les rares triplets exceptionnels qui
sont précisément au cœur de la conjecture. Autrement dit, la
difficulté n'est plus de comprendre le comportement moyen, mais d'exclure des
exceptions extrêmement rares. |
La révolution de Mochizuki L'annonce de 2012 constitue
probablement l'épisode le plus singulier de l'histoire récente des
mathématiques. Au lieu de prolonger les
outils existants, Mochizuki construit un édifice entièrement nouveau. Sa théorie IUT combine
notamment : ·
la géométrie anabélienne ; ·
la théorie d'Arakelov ; ·
les groupes fondamentaux ; ·
des structures appelées Hodge theaters ; ·
des « liens » (links) permettant de comparer des univers
arithmétiques différents. L'idée générale consiste à
comparer plusieurs copies d'un même objet arithmétique après leur avoir fait
subir certaines transformations, afin de mesurer des informations qui
deviennent invisibles dans le cadre habituel. Cette approche est
tellement éloignée des méthodes classiques que très peu de spécialistes sont
aujourd'hui capables de lire la totalité des quatre articles. |
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La controverse Scholze–Stix En 2018, Peter Scholze,
considéré comme l'un des plus grands géomètres arithmétiques contemporains,
se rend à Kyoto avec Jakob Stix afin de comprendre la démonstration. Après plusieurs jours de
travail avec Mochizuki, ils concluent qu'un passage essentiel n'est pas
démontré. Selon eux, un argument
traite implicitement comme équivalents deux objets mathématiques qui ne le
sont pas. Mochizuki répond que cette
critique provient d'une incompréhension profonde de la philosophie même de la
théorie IUT. Depuis lors, aucune des
deux positions n'a évolué. Cette situation est
exceptionnelle dans l'histoire récente des mathématiques : la preuve n'est ni
reconnue ni réfutée, mais demeure suspendue à un désaccord conceptuel majeur.
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La publication de 2021 La publication dans PRIMS a
parfois été interprétée dans la presse comme une validation. Il n'en est rien. Une revue scientifique
vérifie qu'un article satisfait ses critères éditoriaux ; elle ne garantit
pas qu'une démonstration extrêmement complexe fasse ensuite l'objet d'un
consensus. Dans le cas présent, la
communauté internationale continue majoritairement à considérer que la
conjecture abc demeure ouverte. |
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Le projet LANA :
l'ordinateur comme arbitre ? L'évolution la plus
importante de l'année 2026 est le lancement du projet LANA (Lean
for Anabelian Geometry), dirigé par Fumiharu Kato. Son objectif est ambitieux
: traduire toute la démonstration de Mochizuki dans le langage du
démonstrateur formel Lean. Un assistant de preuve ne
raisonne pas comme un mathématicien humain. Chaque définition, chaque
hypothèse et chaque inférence doivent être explicitées avec une rigueur
absolue. Une preuve acceptée par Lean élimine pratiquement tout risque
d'erreur logique ou d'omission. La formalisation de la
preuve de Mochizuki représente donc un test exceptionnel. Si Lean accepte
l'ensemble de la démonstration, le débat pourrait être profondément renouvelé
; si, au contraire, une étape ne peut être traduite, cela mettrait en
évidence une lacune précise. Le premier rapport d'étape
publié à la mi-juillet 2026 montre cependant que la formalisation se bloque
exactement au point déjà signalé en 2018 par Scholze et Stix. Les
développeurs de LANA ne concluent ni à une erreur de Mochizuki ni à une
insuffisance de Lean. Ils constatent simplement qu'à ce stade ils ne
disposent pas d'une justification formelle permettant de franchir cette
étape. Il s'agit d'un résultat
particulièrement intéressant : un ordinateur ne « réfute » pas la preuve ; il
révèle avec une précision chirurgicale le lieu exact où les interprétations
divergent. |
Quelle est aujourd'hui la
position de la communauté ? Le consensus actuel peut
être résumé ainsi : ·
personne n'a produit de contre-exemple à la conjecture ; ·
aucune démonstration classique n'est connue ; ·
la théorie IUT demeure comprise par un cercle très restreint de
spécialistes ; ·
la démonstration de Mochizuki n'est pas acceptée comme acquise par la
majorité des experts ; ·
la formalisation informatique, avec le projet LANA, constitue aujourd'hui
la tentative la plus objective pour clarifier définitivement le débat. Ainsi, près de quarante ans
après sa formulation, la conjecture abc reste l'un des grands défis de la
théorie des nombres. Plus qu'un simple problème isolé, elle est devenue un
véritable carrefour conceptuel : sa résolution établirait un pont
entre l'arithmétique élémentaire, la géométrie diophantienne et les méthodes
modernes de vérification formelle des démonstrations. Le projet LANA marque
une étape nouvelle de cette histoire, non parce qu'il apporte une preuve,
mais parce qu'il inaugure une manière inédite de soumettre une théorie d'une
extrême complexité au contrôle systématique d'un assistant de preuve. |
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Exemple
1
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A= 1 024 B = 81
C = 1 024 + 81 = 1 105 1024 + 81 = 1105 210 + 34 = 5 x 13 x 17 2 x 3 x 5 x 13 x 17 = 13 260 13 260 > 1 105 Deux nombres a et b sans facteurs communs et leur somme c: Le produit des facteurs
r(abc) est plus grand que la somme (c). Autrement dit, le nombre abc n'est pas très composé. Ou encore, le
ratio r(abc) / c est
très petit. |
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Exemple
2
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3 + 125 = 128 3 + 53
= 27 3 x 5 x 2 = 30 30 < 128 |
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Ce
qui est constaté par l'expérience
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En général: r(A.B.C) > C Exceptions: r(A.B.C) < C r(A.B.C) K K = 1 engendre une infinité
d'exceptions. K = 1 +
La conjecture ABC formalise ces constats, sous
une forme un peu plus compliquée. |
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Inspiré de la vidéo en
anglais sur
Numberphile
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108 + 108 = 216 22 x 33 + 22 x 33 = 23 x 33 108 x 108 x 216 = 2 519 424 = 27 x 39
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En augmentant A et B, tout en conservant
un petit radical, la richesse du produit ABC est aussi grande que l'on veut. |
216 + 216 = 432 23 x 33 + 23 x 33 = 24 x 33 216 x 216 x 432 = 20 155 392 = 210 x 39
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Exemple de calcul de richesse des
triplets de 100 à 110.
La nappe représente la richesse du triplet (A,
B, A+B)

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Richesse
moyenne |
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A et B premiers entre eux C = A + B |
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Plus A et B sont grands, plus
l'inégalité est grande.
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Lorsque les trois nombres sont grands et
pas riches, plus la somme C est inférieure à la racine du radical du produit
des trois nombres. |
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Rich moyen = 0,38 … <
0,53, la valeur calculée Mais nous sommes dans la
moyenne des "pauvres". Avec les très riches quelle est la borne si
elle existe? |
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Rich moyen = 0, 70 … Rich maximale < 2. Elle atteint rarement
des valeurs un peu supérieures à 1. Il existe sans doute une
borne supérieure (conjecture) |
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Avec d'une constante à
choisir. On cherche à borner
epsilon. |
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Pour une valeur appropriée de d, sans doute très grande, il suffit de
prendre epsilon supérieur à 0, mais aussi proche de 0 que l'on veut. |
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Pour tout nombre réel
Avec log(d) qui dépend d'epsilon. |
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Pour tout nombre réel
Produit pour tout p premier divisant le produit abc Autrement dit: le produit
parcourt tous les facteurs premiers p de abc, soit tous les facteurs présent
dans le radical du nombre. La max indiqué, dans la
mesure où C est la somme de A et B, est égal à C. La constante k grandit indéfiniment au fur et à mesure que epsilon
diminue. |
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{2, 310 x
109, 235} Dont la richesse est: 5 log(23) / log(15 042)
= 1,629 911 684… Dans la plage indiquée,
il y a environ 200 triplets dont la richesse excède 1,4. |
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English corner |
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The
Boston Globe - November 04, 2012
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