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Édition du: 20/04/2026 |
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INDEX |
FRACTIONS ÉGYPTIENNES |
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Fractions
égyptiennes : LE LIVRE |
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Fractions égyptiennes Historique Les fractions
égyptiennes n’ont pas disparu avec les scribes du Nouvel Empire. Leur trace
réapparaît, se transforme, circule entre manuscrits grecs, traités arabes et
écoles d’abaque européennes. Suivre leur parcours, c’est observer comment une
technique de calcul très ancienne continue d’influencer des traditions
mathématiques successives. |
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Sommaire de cette page >>> Égypte – Pourquoi ce système ? >>> Égypte –
Méthodes >>> Histoire après
l’époque pharaonique >>> Sources de nos
connaissances >>> Usage moderne
des fractions égyptiennes |
Débutants Glossaire |

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Les sources : Rhind, Moscou et les autres Nos connaissances
proviennent principalement de deux documents :
Le papyrus Rhind contient
une table complète des décompositions de 2/n pour n impair jusqu’à 101. On y
trouve par exemple :
Ces tables montrent que
les scribes maîtrisaient des techniques systématiques, probablement
enseignées dans les écoles de scribes. Un outil pour la vie quotidienne Les fractions égyptiennes
apparaissent dans des contextes très concrets :
Elles ne sont pas un jeu
mathématique : elles répondent à des besoins administratifs et économiques.
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Pourquoi des fractions unitaires ? Plusieurs raisons pratiques
et culturelles expliquent ce choix :
Les Égyptiens n’avaient
pas de notation positionnelle ni de zéro. Leur système fractionnaire reflète
donc une logique additive, cohérente avec leur écriture des nombres entiers |
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Méthodes de décomposition Comment les Égyptiens s’y prenaient-ils ? Même si les papyrus ne donnent pas
toujours les méthodes, les historiens ont reconstitué plusieurs techniques
probables. |
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La méthode du “plus grand dénominateur possible” C’est l’ancêtre de ce que
nous appelons aujourd’hui la méthode gloutonne (greedy
algorithm) : Pour une fraction a/b, on
prend la plus petite fraction unitaire 1/n telle que
On soustrait et on
recommence. Cette méthode fonctionne
toujours, mais elle peut produire des dénominateurs très grands. |
Exemple avec 5/7 1. On cherche la plus grande
fraction unitaire 1/n qui ne dépasse pas 5/7. La fraction ½ convient. On
calcule l'écart:
2.
On recommence avec 1/5
qui convient:
3. Finalement
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Les tables préétablies Pour les fractions du type
2/n, les Égyptiens utilisaient des tables optimisées. Cela évitait des
calculs longs et garantissait des décompositions “élégantes”. Quelques exemples
Le papyrus donne les
solutions jusqu'à 2/101 |
Des méthodes algébriques implicites Certaines décompositions montrent une
compréhension intuitive de relations comme :
Autrement dit, même sans
écriture algébrique moderne, ils savaient choisir le plus petit dénominateur
n tel que :
puis décomposer le reste
en fractions unitaires. Les scribes ne
disposaient pas de symbolisme formel, mais ils manipulaient les proportions
avec une grande habileté, en appliquant des raisonnements qui ressemblent
fortement à nos méthodes algébriques actuelles. |
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Sources
de nos connaissances sur les fractions égyptiennes
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Les
sources : Rhind, Moscou et les autres Nos connaissances sur les fractions égyptiennes proviennent d’un ensemble de documents mathématiques exceptionnels, rédigés entre le Moyen Empire et la Deuxième Période intermédiaire. Les deux plus célèbres sont :
D’autres sources complètent ce corpus : le Reisner Papyrus, le Kahun Papyrus, l’Akhmim Wooden Tablet, ou encore le Egyptian Mathematical Leather Roll. Tous témoignent d’une tradition mathématique déjà bien établie au IIᵉ millénaire av. J.-C. |
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Papyrus Rhind L’intérêt scientifique
pour les fractions égyptiennes réapparaît au XIXᵉ siècle, lorsque
plusieurs papyrus mathématiques sont découverts, acquis puis déchiffrés. En 1858, le papyrus Rhind
est acheté à Louxor par l’antiquaire Henry Rhind. À partir de 1877,
l’égyptologue August Eisenlohr publie la première transcription complète du
document, accompagnée d’une analyse détaillée des méthodes de calcul. Cette publication attire
l’attention des historiens des mathématiques, qui identifient la table des
décompositions de 2/n comme un système cohérent et intentionnel. |
Un système structuré Au début du XXᵉ
siècle, les travaux de Thomas Eric Peet et d’Otto
Neugebauer replacent ces décompositions dans le contexte des pratiques
administratives égyptiennes. Neugebauer montre que les
fractions unitaires ne constituent pas un archaïsme isolé, mais un système
numérique structuré, adapté à la notation hiéroglyphique. Ses analyses influencent
durablement l’étude des mathématiques anciennes. |
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Algorithme confirmé À partir des années 1930,
plusieurs mathématiciens modernes s’intéressent aux propriétés formelles des
décompositions en fractions unitaires. Les recherches de Richard
Gillings, publiées en 1972, établissent des correspondances entre certaines
lignes du papyrus Rhind et des méthodes systématiques proches des algorithmes
gloutons. Gillings propose
également des reconstructions de procédures utilisées par les scribes pour
obtenir les dénominateurs figurant dans la table. |
Théorie des nombres Dans la seconde moitié du
XXᵉ siècle, les fractions égyptiennes deviennent un sujet d’étude en
théorie des nombres. En 1948, Paul Erdős
et Ernst Straus formulent la conjecture selon laquelle toute fraction 4/n
peut être écrite comme somme de trois fractions unitaires. Cette conjecture,
directement inspirée des méthodes égyptiennes, reste ouverte. D’autres travaux,
notamment ceux de Sierpiński et de Graham,
explorent les limites des décompositions en unités et les conditions
d’existence de représentations courtes. |
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Intérêt historique et pédagogique Au XXIᵉ siècle, les
fractions égyptiennes apparaissent dans des recherches sur les algorithmes
optimisés, la complexité des décompositions rationnelles et la pédagogie des
fractions. Elles servent également
de modèle historique pour illustrer la diversité des systèmes numériques et
la relation entre notation et méthode de calcul. |
Mathématiques récréatives À partir des années 1980,
les fractions égyptiennes trouvent également une place dans les mathématiques
récréatives. Elles apparaissent dans
des problèmes de partage, des puzzles de décomposition rationnelle et des
défis de minimisation du nombre de termes. Plusieurs ouvrages de
vulgarisation, notamment ceux de Martin Gardner, utilisent les fractions
unitaires pour illustrer des stratégies de résolution, des paradoxes de
représentation et des liens inattendus entre histoire et algorithmique. |
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