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Édition du: 08/03/2026

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Temps de Planck

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FEMTOSECONDE (10-15 s)

 

Le record appartient à l'horloge atomique qui donne l'heure au dixième de femtoseconde (10-16 s). Les horloges nucléaire et optique s'approchent du 10-19, visant même le 10-21 (zeptoseconde).

   

 

Sommaire de cette page

>>> La plus courte durée jamais mesurée

>>> Phénomènes à durée ultra-courtes

>>> Rappel des préfixes multiplicatifs

>>> La mesure ultime du temps

>>> Échelle historique des records de mesure du temps

>>> Retour sur la SECONDE

   

Débutants

Général

 

Glossaire

Temps

 

 

Rappel des préfixes multiplicatifs – Diviseurs

Voir Préfixes multiplicatifs

 

 

La plus courte durée jamais mesurée

haut

 

En 2020, une équipe de l’Université Goethe de Francfort a établi un record mondial en mesurant un intervalle de 247 zeptosecondes, soit

2,47 × 10-19 seconde

 

Il s’agit du temps nécessaire à un photon pour traverser une molécule d’hydrogène.

Cette mesure a été largement reconnue comme la plus courte durée jamais mesurée expérimentalement.

 

 

À ce jour (février 2026), aucune publication ultérieure ne rapporte un record plus court.

Les travaux sur les dynamiques électroniques ultrarapides continuent, mais aucune mesure confirmée n’a dépassé les 247 zeptosecondes.

Ce record tient donc toujours, en l’état des connaissances accessibles.

 

Voir Brève 66-1309 / Nombres en moins 10-19

 

 

 

Phénomènes à durée ultra-courtes

haut

 

Attoseconde (10¹⁸ s)

Durées typiques : 1 à 100 attosecondes

·       Mouvements des électrons autour du noyau
        → Les électrons se réorganisent en quelques dizaines d’attosecondes.

·       Ionisation d’un atome par un laser
         → Le départ d’un électron se mesure en attosecondes.

·       Transition électronique dans une molécule
       → Changement d’état quantique ultrarapide.

·       Déplacement d’un photon dans une petite molécule
       → Record de 2020 : 247 zeptosecondes pour traverser H
(≈ 0,247 attoseconde).

 

Zeptoseconde (10²¹ s)

Durées typiques : 10-21 à 10-23 s

·       Propagation d’un photon à l’intérieur fd’un atome ou d’une molécule
         → Échelle des dynamiques électroniques internes.

·       Réarrangements ultrarapides du nuage électronique
         → Mesurés par interférométrie attoseconde.

·       Début d’une réaction chimique (rupture de liaison)
        → Le tout premier instant de la dissociation se situe dans cette zone.

 

Yoctoseconde (10²⁴ s)

Durées typiques : 10²⁴ à 10²³ s

·       Interactions entre quarks et gluons dans un plasma de quarks-gluons
       → Observées dans les collisions de particules (LHC, RHIC).

·       Formation et désintégration de particules instables très énergétiques
       → Temps de vie extrêmement courts dans les jets hadroniques.

 

Échelles sub‑yoctosecondes (10²⁷ à 10³⁵ s)

Durées typiques : hypothétiques ou théoriques

·       Fluctuations quantiques du vide
      → Durées estimées autour de 10-33 à 10-35 s.

·       Processus de grande unification (GUT)
      → Échelle temporelle associée aux énergies de 1015 GeV.

 

Temps de Planck (≈ 10⁴³ s)

·       Durée de Planck : 5,39 × 10-43 s
→ Limite théorique ultime.
→ En-dessous, la notion de temps perd son sens dans la physique actuelle.
→ Échelle supposée des fluctuations gravitationnelles quantiques.

 

  Résumé (ordre de grandeur)

Ordre de grandeur

en 10-N

Nom

Phénomènes associés

15

Femtoseconde

Vibrations moléculaires rapides

18

Attoseconde

Mouvements électroniques

21

Zeptoseconde

Propagation du photon dans une molécule

24

Yoctoseconde

Interactions quarks–gluons

33

Échelle GUT

Fluctuations du vide (théoriques)

43

Temps de Planck

Limite fondamentale

   

 

 

La mesure ultime du temps

haut

 

Aux frontières de l’infiniment bref

 

Mesurer le temps a toujours été une manière de mesurer notre maîtrise du monde. Du cadran solaire aux horloges mécaniques, puis aux oscillateurs à quartz, chaque progrès a repoussé les limites de la précision. Mais depuis un siècle, la quête s’est déplacée vers un territoire où l’intuition humaine n’a plus prise : celui des oscillations atomiques, nucléaires et optiques, où une seconde se découpe en fragments si minuscules qu’ils défient l’imagination.

 

Aujourd’hui, la mesure du temps n’est plus seulement un enjeu de chronométrie. Elle conditionne la navigation par satellite, la synchronisation des réseaux électriques, la stabilité des communications quantiques, la métrologie fondamentale et même la recherche de nouvelles lois physiques. Plus nos horloges deviennent précises, plus elles révèlent les imperfections du monde : variations gravitationnelles, fluctuations quantiques, dilatation relativiste. La précision n’est plus un luxe : c’est un instrument d’exploration.

 

 

L’ère des horloges atomiques : le premier saut quantique

 

L’avènement des horloges atomiques au milieu du XXᵉ siècle a marqué une rupture radicale. Leur principe repose sur la fréquence d’oscillation d’un atome — généralement le césium — lorsqu’il change d’état énergétique. Cette fréquence, extraordinairement stable, a permis de définir la seconde moderne.

 

Les meilleures horloges atomiques actuelles atteignent une précision vertigineuse : elles ne dérivent que d’un dixième de femtoseconde, soit 10-16 seconde. À cette échelle, une dérive d’une seconde n’apparaîtrait qu’après 300 millions d’années.

 

Mais la communauté scientifique ne s’est pas arrêtée là.

 

 

 

Les horloges optiques : la lumière comme métronome

Les horloges optiques utilisent non plus des micro‑ondes (comme le césium), mais des fréquences lumineuses, beaucoup plus élevées. Plus la fréquence est grande, plus la mesure peut être fine.

Elles exploitent des ions ou des atomes piégés — strontium, ytterbium, aluminium — refroidis à des températures proches du zéro absolu.

 

Résultat :

*  une stabilité atteignant 10-18

* une dérive d’une seconde sur l’âge de l’Univers,

* une sensibilité telle qu’elles détectent une différence de gravité entre deux étages d’un même bâtiment.

Ces horloges sont devenues des instruments de géodésie, capables de cartographier les variations du champ gravitationnel terrestre avec une précision inédite.

 

 

Les horloges nucléaires : la nouvelle frontière

Si les horloges optiques ont repoussé les limites, les horloges nucléaires promettent de les pulvériser.

Leur principe : utiliser non plus les électrons d’un atome, mais le noyau lui-même, dont les transitions énergétiques sont encore plus stables et moins sensibles aux perturbations extérieures.

Les prototypes actuels visent une précision de l’ordre de 10-19, et certains projets théoriques évoquent même 10-21 seconde — la zeptoseconde, un milliardième de milliardième de seconde.

À ce niveau, la mesure du temps devient un outil pour sonder la structure intime de la matière, tester la constance des constantes fondamentales, ou encore explorer les effets subtils de la relativité générale.

 

 

 

Pourquoi viser toujours plus petit ?

 

Cette course n’est pas un caprice technologique. Elle répond à des enjeux fondamentaux :

Tester la relativité générale à des échelles jamais atteintes.

Détecter d’éventuelles variations des constantes fondamentales (constante de structure fine, rapport proton/électron).

Améliorer la navigation et la synchronisation mondiale (GPS, réseaux électriques, communications quantiques).

Explorer la physique au-delà du modèle standard, notamment via les interactions faibles dans les noyaux.

Plus nos horloges deviennent précises, plus elles deviennent des microscopes temporels capables de révéler des phénomènes que nous ne soupçonnions même pas.

 

 

Vers la zeptoseconde : un nouveau territoire scientifique

 

La zeptoseconde (10-21 s) n’est pas seulement une unité extravagante.

C’est l’échelle à laquelle se déroulent les processus les plus rapides de la nature :

 

*    les transitions électroniques,

*    les réarrangements internes des noyaux,

*    les dynamiques ultrarapides des champs quantiques.

 

 

Échelle historique des records de mesure du temps

– Des cadrans solaires à la durée de Planck

haut

 

1. L’ère des mesures macroscopiques (10⁰ à 10³ s)

·       Antiquité – Cadrans solaires, clepsydres
Précision : de l’ordre de la minute (≈ 102 s).

·       XIVᵉ siècle – Horloges mécaniques à poids
Précision : quelques minutes par jour.

·       XVIIIᵉ siècle – Chronomètres marins (Harrison)
Précision : 1 seconde par jour (≈ 100 s).

·       XXᵉ siècle – Horloges à quartz (années 1930)
Précision : milliseconde (≈ 10-3 s).

2. L’ère des oscillateurs électroniques (10⁶ à 10⁹ s)

·       Oscillateurs à quartz stabilisés (années 1950)
Précision : microseconde (≈ 10-6 s).

·       Horloges radiofréquences et masers (années 1960)
Précision : nanoseconde (≈ 10-9 s).

3. L’ère atomique (10¹² à 10¹⁶ s)

·       1949 – Première horloge atomique (ammoniac)
Précision : microseconde améliorée.

·       1955 – Horloge au césium (NPL, Essen & Parry)
Précision : nanoseconde (≈ 10-9 s).

·       1967 – Définition moderne de la seconde (transition du césium)
Stabilité : picoseconde (≈ 10-12 s).

·       Années 2000 – Horloges atomiques de dernière génération
Stabilité : dixième de femtoseconde (≈ (10-16 s).
C’est le record actuel des horloges atomiques.

4. L’ère optique (10¹⁷ à 10¹⁸ s)

·       Horloges optiques au strontium, ytterbium, aluminium
Stabilité : 10
¹⁸ s.
→ Une dérive d’une seconde sur l’âge de l’Univers.

·       Applications : géodésie relativiste, tests de la constance des constantes fondamentales.

5. L’ère nucléaire (10¹⁹ à 10²¹ s)

·       Horloge nucléaire au thorium‑229 (projets 2020–2030)
Stabilité visée : 10
¹⁹ s.

·       Objectif théorique ultime : la zeptoseconde 10-21 s.

6. L’ère ultrarapide des phénomènes quantiques (10²¹ à 10²⁴ s)

·       Zeptoseconde (10²¹ s)
Mesure des transitions électroniques ultrarapides.

·       Yoctoseconde (10²⁴ s)
Échelle des processus internes des quarks et gluons (collisions de particules).

7. La limite théorique : le temps de Planck (10⁴³ s)

·       Temps de Planck : tP = 5,39 × 10-43 s
→ Plus petite durée physiquement définissable selon la relativité générale et la mécanique quantique.
→ En dessous, la notion même de temps perd son sens.
→ C’est la « granularité » ultime de l’espace-temps.

 

Résumé visuel (ordre de grandeur)

Échelle

Durée (10-N)

Technologie / phénomène

1 s

0

Horloges mécaniques

ms

3

Quartz

µs

6

Électronique rapide

ns

9

Masers, RF

ps

12

Atomique (césium)

fs

15

Atomique avancée

0,1 fs

16

Record actuel atomique

as

18

Horloges optiques

zs

21

Horloges nucléaires (objectif)

ys

24

Physique des particules

Temps de Planck

43

Limite théorique

  

 

Retour sur la SECONDE

haut

 

Définition moderne de la seconde (SI)

Depuis 1967, la seconde n’est plus définie par l’astronomie mais par une propriété quantique d’un atome.

Selon le Système international d’unités (SI), la seconde est définie comme

La durée de 9 192 631 770 périodes de la radiation émise lors de la transition entre les deux niveaux hyperfins de l’état fondamental de l’atome de césium‑133 non perturbé.

 

Autrement dit :

*      On observe un atome de césium‑133,

*      On mesure la fréquence très stable de sa transition hyperfine,

*      9 192 631 770 oscillations = 1 seconde.

 

Cette définition fixe la fréquence du césium à exactement 9 192 631 770 Hz, ce qui garantit une stabilité universelle et reproductible.

 

Repère historique

 

Avant 1967, la seconde était définie comme 1/86 400 du jour solaire moyen, c’est‑à-dire la fraction d’un jour terrestre.

 

Cette définition astronomique a été abandonnée car la rotation de la Terre n’est pas parfaitement régulière, contrairement aux oscillations atomiques.

 

 

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*     La guerre de la zeptoseconde – Epsilon – HS16 –Oct-déc 2025

Cet article décrit la compétition scientifique mondiale où chaque laboratoire tente de franchir un nouveau seuil, non par vanité, mais parce que chaque ordre de grandeur gagné ouvre une fenêtre sur un pan encore invisible de la physique.

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http://diconombre.fr/Scienmod/TempsFem.htm