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Édition du: 12/08/2026

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Polygones, polyèdres et polytopes

la géométrie des dimensions

 

Des formes régulières aux extraordinaires polytopes de la quatrième dimension.
Les noms des formes régulières:

*      en dimension 2 : Polygones

*      en dimension 3 : Polyèdres

*   en dimension 4 et plus: Polytopes    Hyper-solides en quatrième dimension, et plus.

Note: Polygones et polyèdres sont considérés comme des polytopes de dimension 2 et 3.

Voir aussi  Nombre polytopes

  

 

Sommaire de cette page

>>> Polygones, polyèdres et dimensions supérieures

>>> Quatrième dimension: polytopes

>>> Cinquième dimension et plus

>>> Bilan

>>> Formes étoilées

>>> Les simplexes : une famille qui traverse toutes les dimensions

>>> Compléments: autres Polytopes

    

Débutants

Géométrie

 

Glossaire

Géométrie

 

 

Polygones, polyèdres et dimensions supérieures

haut

En deux dimensions, la géométrie régulière semble presque trop facile.

On peut construire un triangle équilatéral, un carré, un pentagone, un hexagone… et continuer ainsi sans limite.

Pour chaque nombre entier , il existe un polygone régulier à côtés : mêmes longueurs, mêmes angles, symétrie parfaite.

En trois dimensions, les contraintes deviennent beaucoup plus sévères. Un polyèdre régulier doit avoir des faces qui sont elles-mêmes des polygones réguliers identiques.

Mais cela ne suffit pas : il faut aussi que la disposition des faces autour de chaque sommet soit partout la même.

Cette exigence de symétrie totale ne laisse que cinq possibilités : les cinq solides de Platon — tétraèdre, cube, octaèdre, dodécaèdre et icosaèdre.

Puis apparaît une idée nouvelle : le polytope.

Le mot ne désigne pas une forme particulière, mais une généralisation des polygones et des polyèdres à n'importe quelle dimension.

Ainsi:

*      un polygone est un polytope de dimension 2,

*      un polyèdre un polytope de dimension 3, et

*      un objet de dimension 4 est un 4-polytope, ou polychore.

 

 

Quatrième dimension: polytopes

haut

La quatrième dimension apporte une complication supplémentaire : les « faces » d'un polyèdre deviennent à leur tour des volumes.

Un 4-polytope possède donc des sommets, des arêtes, des faces bidimensionnelles, mais aussi des volumes tridimensionnels appelés cellules.

 

C'est une véritable géométrie emboîtée : de même qu'un polyèdre est constitué de polygones, un 4-polytope est constitué de polyèdres.

Et pourtant, la quatrième dimension réserve une surprise : elle est plus riche que la troisième. Il existe non pas cinq, mais six 4-polytopes réguliers convexes:

*      Le 5-cell ou 4-simplexe,

*      le tesseract ou 8-cell,

*      le 16-cell,

*      le 24-cell,

*      le 120-cell et

*      le 600-cell.

 

 

Les trois premiers prolongent les grandes familles déjà rencontrées.

Les trois derniers sont des apparitions exceptionnelles propres à la dimension 4.

Le simplexe est la généralisation la plus élémentaire.

*      Le triangle est le simplexe de dimension 2,

*      Le tétraèdre celui de dimension 3, et

*      Le 5-cell celui de dimension 4.

*      En dimension 5, il devient l'hexatère : 6 sommets, 15 arêtes, 20 faces triangulaires, 15 cellules tétraédriques et 6 cellules de dimension 4.

C'est l'exemple le plus simple de la manière dont les différents niveaux de structure s'empilent avec la dimension.

Une autre généralisation est l'hypercube :

*      carré en dimension 2,

*      cube en dimension 3,

*      tesseract en dimension 4,

*      puis hypercubes de dimensions toujours supérieures.

Sa famille duale est celle des cross-polytopes, dont le triangle, l'octaèdre et le 16-cell sont les premiers représentants.

Le 24-cell, le 120-cell et le 600-cell sont, eux, beaucoup plus surprenants. Ils n'ont pas d'équivalent direct dans les dimensions 2 ou 3.

 

Le 24-cell est même auto-dual, tandis que le 120-cell et le 600-cell sont deux objets duaux : les 600 sommets de l'un correspondent aux 600 cellules de l'autre, et réciproquement.

Il existe enfin une belle généralisation de la relation d'Euler.

Sommets + Faces = Arêtes + Cellules.

 

Pour un polyèdre ordinaire: S  + F  = A + 2

En dimension 4, avec sommets, arêtes, faces et cellules, on retrouve une relation de type:

S  + F  = A + C.

 

Cinquième dimension et plus

haut

À partir de la dimension 5, le phénomène s'inverse. La dimension augmente, mais les polytopes réguliers deviennent plus rares. Il n'existe plus que trois familles :

*      les simplexes,

*      les hypercubes et

*      les cross-polytopes

 

Autrement dit, les trois familles fondamentales sont capables de se prolonger indéfiniment, mais les extraordinaires exceptions de la dimension 4 disparaissent.

Cette classification est un résultat classique de la théorie des polytopes réguliers, remontant notamment aux travaux de Schläfli.

Cette progression donne finalement une histoire assez étonnante de la régularité :

*      en dimension 2, une infinité de polygones réguliers ;

*      en dimension 3, seulement 5 polyèdres réguliers ;

*      en dimension 4, 6 polytopes réguliers convexes ;

*      à partir de la dimension 5, seulement 3 familles

La dimension semble donc ouvrir toujours davantage de possibilités géométriques. Mais lorsqu'on exige que tout soit parfaitement régulier et symétrique, c'est l'inverse qui se produit : les possibilités se raréfient.

La géométrie des dimensions supérieures devient ainsi moins un catalogue de formes qu'une étude de la symétrie poussée jusqu'à ses limites.

 

 

BILAN

haut

À partir de la dimension 5, le phénomène s'inverse. La dimension augmente, mais les polytopes réguliers deviennent plus rares. Il n'existe plus que trois familles :

*      les simplexes,

*      les hypercubes et

*      les cross-polytopes

 

Autrement dit, les trois familles fondamentales sont capables de se prolonger indéfiniment, mais les extraordinaires exceptions de la dimension 4 disparaissent.

Cette classification est un résultat classique de la théorie des polytopes réguliers, remontant notamment aux travaux de Schläfli.

Tableau de synthèse

Dim.

Objet régulier

Qté

Exemple / famille

Structure caractéristique

1

Segment

1

Segment

2 sommets

2

Polygone régulier

∞

Triangle, carré, pentagone…

côtés et angles

3

Polyèdre régulier

5

Solides de Platon

faces polygonales

4

4-polytope régulier convexe (Ci-dessous)

6

5-cell, 8-cell, 16-cell, 24-cell, 120-cell, 600-cell

cellules polyédriques

5 et +

Polytope régulier convexe

3 familles

Simplexe, hypercube, cross-polytope

structure récursive

  

Les six 4-polytopes réguliers convexes

Polytope

Cellules

Sommets

Arêtes

Faces

5-cell (4-simplexe)

5 tétraèdres

5

10

10

8-cell (tesseract)

8 cubes

16

32

24

16-cell

16 tétraèdres

8

24

32

24-cell

24 octaèdres

24

96

96

120-cell

120 dodécaèdres

600

1 200

720

600-cell

600 tétraèdres

120

720

1 200

Tableau plus complet sur Wikipédia

    Voir Simplexe

 

 

L'icositétrachore, ou 24-cellules (24-cell), est un 4-polytope régulier convexe.

Source image: Wikipédia

 

Formes étoilées

haut

La classification ne s’arrête pourtant pas aux formes convexes.

En dimension 3, lorsqu’on abandonne l’exigence de convexité, les cinq solides de Platon donnent naissance à quatre formes régulières étoilées, les solides de Kepler-Poinsot.

On autorise alors les faces ou les cellules à se croiser, comme les branches d’une étoile.

Un polygone régulier peut ainsi devenir un pentagramme ; de même, en dimension supérieure, les polyèdres qui constituent les cellules peuvent être étoilés ou s’entrecroiser.

 

La régularité n’est pas abandonnée : ce qui change, c’est simplement la convexité.

Et la quatrième dimension réserve une nouvelle surprise.

Il existe exactement 10 polytopes réguliers étoilés, appelés polytopes de Schläfli-Hess.

 

Avec les six polytopes réguliers convexes, cela porte à 16 le nombre total de 4-polytopes réguliers si l'on accepte les formes étoilées.

Ces dix objets sont particulièrement remarquables parce qu'ils constituent, en quelque sorte, les Kepler-Poinsot de la quatrième dimension.

Leur notation par les symboles de Schläfli permet de les décrire très efficacement.

 

L'histoire de leur découverte est à noter. Ludwig Schläfli, qui avait établi la classification des polytopes réguliers, en identifia quatre. Edmund Hess compléta ensuite la liste en 1883, portant le total à dix.

 

Par exemple, le symbole {5/2,3,3} indique qu'une des composantes fondamentales est construite à partir du pentagramme {5/2}, plutôt que du pentagone ordinaire {5}.

Le nombre fractionnaire signale ainsi le caractère étoilé.

La pyramide des formes régulières

Dimension

Convexes réguliers

Étoilés réguliers

Total

2

∞ polygones

∞ polygones étoilés

Infinité

3

5 solides de Platon

  4 Kepler-Poinsot

9

4

6 polytopes réguliers

 10 Schläfli-Hess

16

5 et +

3 familles

—

Simplexe,

hypercube,

cross-polytope

 

La quatrième dimension est l'unique dimension qui cumule à la fois les six formes convexes exceptionnelles et les dix formes régulières étoilées. Elle apparaît ainsi comme une sorte de « dimension miraculeuse » de la géométrie régulière.

 

 

 

Les simplexes : une famille qui traverse toutes les dimensions

haut

La famille des simplexes réguliers constitue l'une des trois grandes familles de polytopes réguliers qui se prolongent dans toutes les dimensions, avec les hypercubes et les cross-polytopes.

 

Le simplexe est, en quelque sorte, le polytope le plus élémentaire d'une dimension donnée.

Un n-simplexe est l'enveloppe convexe de n + 1 points affinement indépendants. Ces points constituent ses sommets et déterminent une structure entièrement symétrique : toutes ses faces sont elles-mêmes des simplexes.

 

La progression est particulièrement simple :

*       en D1, le simplexe est un segment ;

*       en D2, un triangle ;

*       en D3, un tétraèdre ;

*       en D4, un pentachore ;

*       en D5, un 5-simplexe, également appelé hexateron ou, hexatère (rare) ;

*       et ainsi de suite à l'infini.

 

Le pentachore, en D4, possède 5 sommets, 10 arêtes, 10 faces triangulaires et 5 cellules tétraédriques.

Il constitue donc le prolongement naturel du tétraèdre dans la quatrième dimension.

 

En D5, le 5-simplexe possède 6 sommets, 15 arêtes, 20 faces triangulaires, 15 cellules tétraédriques et 6 facettes de dimension 4, chacune étant un pentachore.

La structure numérique est remarquable : les nombres 6 – 15 – 20 – 15 – 6 sont des coefficients du triangle de Pascal.

 

Plus généralement, le nombre de k-faces d'un n-simplexe est donné par le coefficient binomial

C(n + 1, k + 1).

 

  

Compléments

 

Dimensions supérieures (à 4)

 

En dimension cinq ou plus, il n'existe que trois polytopes convexes réguliers.

 

Polytope spécial

 

Représentation du groupe de Lie E8

 

Familles de polytopes

 

Voici un récapitulatif des plus simples d'entre eux:

 

 Suite en Liste des polytopes

 

La famille comporte les sous-familles des simplexes réguliers, famille généralisant la notion de triangle (D2) et du tétraèdre (D3); en D4, nous aurons le pentachore.
Un simplexe est l'enveloppe convexe d'un ensemble de (n+1) points. Son nom vient du fait qu'il s'agit de l'objet clos le plus simple enveloppant un groupe de points donnés.


Par exemple, un simplexe de dimension 5 (D5), aussi nommé hexatère,  possède: 6 sommets, 15 arêtes, 20 faces triangles, 15 cellules tétraédriques et 6 "faces" pentachores. L'hexatère est l'un des 19 polytères uniformes.



Selon la dimension, ces objets prennent effectivement des noms dont la racine est issue du grec (noms très rarement utilisés !):

 

Les polytopes sont une source inépuisable de découvertes. Je vous laisse  les découvrir sur Internet. Laissez-vous guider sur Wikipédia français et également anglais.

 

 

12 pentagones, 12 pentagrammes (étoile) et 20 hexagones

À chaque sommet: 1 pentagone, un pentagramme et 2 hexagones

Source Wikipedia

 

 

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*      Lectures on 0/1-polytopes – Gunter M. Ziegler – 1999

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